« El viento en un violín », se joue enfin à Buenos Aires après une tournée en Europe, la nouvelle création de Claudio Tolcachir, qu’on ne présente plus, s’est installé pour un temps au théâtre Timbre 4. L’auteur a convoqué à nouveau une partie de la distribution de « La omisión de la familia Coleman » et c’est un vrai plaisir de les retrouver.
Tolcachir encore une fois livre une œuvre ouverte au sens cher à Umberto Eco, une œuvre qui ne résout rien mais interroge et renvoi le spectateur dans ses cordes. A nouveau l’auteur et metteur en scène a choisi le groupe comme sujet d’expérimentation et provoque les interactions entre les êtres dans un terrain de jeu donné. Ici il s’agit principalement de deux maisons réunies sur la scène, l’une des beaux quartiers et l’autre des quartiers populaires. Une œuvre sur les différences de classes sociales ? Sans doute, aussi. Deux maisons donc pour deux familles ou peut-être d’avantage, tant la notion de famille y est ici élargie.
Celeste et Lena ont un désir d’enfant, comme un caprice ou une excuse pour forcer le destin et s’unir les uns aux autres. Elles cherchent un géniteur… Dario est un jeune homme perdu, sans aucune constance ni volonté, il est étouffé par une mère impossible à enorgueillir et qui pense que l’argent peut tout y compris acheter le bonheur d’un fils…
Le spectateur assiste hilare aux pièges que se tendent les personnages presque malgré eux. Les choix des uns bouleversent le désordre préexistant et engendrent de nouveaux liens entre eux. Les oppositions redéfinissent les priorités sans occulter la quête principale qui guide chaque être humain : la reconnaissance de l’autre, l’amour sous quelques formes que ce soit.
Dans cette salle, pour ce spectacle, on entre par la scène et on la traverse pour rejoindre son siège dans les gradins. Pour en sortir, on emprunte le chemin inverse, on foule donc cette scène à nouveau mais celle-ci est alors chargée de toute la vie qui s’est jouée quelques instants encore avant le noir final. Ça peut paraître anodin, mais cette sortie de scène symbolique pour le spectateur renforce encore l’impression d’emporter avec soi un bout de cette vie qui fût et les questions qui vont avec.
Le spectacle se joue au théâtre Timbre 4, Boedo 640 / Mexico 3554 comme toujours en Argentine la programmation du spectacle n’a pas de date de fin annoncée (tant qu’il y a du monde à venir on joue et on reprend le spectacle. Étant donné la chaleur des applaudissements on peut facilement prévoir que le spectacle sera à l’affiche un bon moment et c’est tant mieux !) Tel : 4932 4395
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Fiche technique et artistique
Auteur : Claudio Tolcachir
Avec : Araceli Dvoskin, Tamara Kiper, Inda Lavalle, Miriam Odorico, Lautaro Perotti, Gonzalo Ruiz
Scénographie : Gonzalo Cordoba Estevez
Lumière : Omar Possemato
Assistante à la mise en scène : Melisa Hermida
Production générale : Maxime Seugé, Jonathan Zak
Mise en scène : Claudio Tolcachir
Une coproduction du Théâtre Timbre 4, Festival Internacional Santiago a Mil, Tempo_Festival das artes, Festival d’automne de Paris, Maison des arts ey de la culture de créteil. Avec l’aide du fond Iberescena pour la création.
Julien Barazer
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